Parfois on tourne des films chez notsobig, on avait oublié de vous parler de celui là :
Extrait vidéo ici
L'HISTOIRE : Fabrizio est acousticien, Alex dirige le
service marketing d'une grande marque de sous-vêtements. La quarantaine,
ils forment un couple heureux, sans enfant, avec leur vieille chienne
Esperanza.
Poursuivant sa carrière tambour battant, Alex se voit
proposer un poste à New York, pour reprendre, à son retour, la
présidence de la filiale française. Sentant poindre en elle un désir
d'enfant, elle se trouve face à un dilemme : la maternité lui semble
incompatible avec l'avenir brillant qu'on lui prédit. Si elle accepte
cette promotion, elle peut faire une croix sur son désir d'enfant. Elle
tente de s'en ouvrir à Fabrizio qui fait la sourde oreille. Mais
déstabilisé par les changements d'attitude d'Alex, Fabrizio lui cache
toutes sortes de douleurs d'origines psychosomatiques qu'il commence à
ressentir chaque fois qu'elle évoque le sujet. Sur les conseils de son
ami médecin, il finit par se résoudre à aller voir une psychanalyste en
le cachant soigneusement à Alex, psy qui s'avère être la même que celle
qu'Alex consulte en secret depuis deux ans...
Commence alors une
série de quiproquos entre Alex, Fabrizio et France Laud, la
psychanalyste, prise en otage par le couple.
Trois ans après L'annulaire,
la réalisatrice Diane Bertrand revient avec une comédie romantique pure
et dure aux accents très européens qui se balade entre romantisme à
l’italienne et humour à l’anglaise... Ajoutons à la recette un petit
concentré de burlesque à l’américaine et vous obtenez finalement un
petit film français plutôt sympathique et qui parvient, contre toute
attente, à surprendre son spectateur... Si le couple Viard-Accorsi fait
des étincelles, on retiendra également la prestation de Valérie
Benguigui en psychanalyste névrosé et paumée. Frais, dynamique, amusant
et touchant, ce Baby
Blues est un bon remède contre la morosité automnale...
On dit toujours que la comédie romantique est avant tout l’apanage des
pays anglophones qui se sont forgés une réputation dans le genre au
cours des décénnies... Cependant, les années 2000 ont réussi à nous
offrir quelques petites perles bien de chez nous assez réussies. De
Prête-moi ta main en passant par
Ils
se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, le cinéma français tente
de rattraper son retard en la matière et semble parvenir, petit à
petit, à ses fins. Ce
Baby
Blues confirme la tendance... Réalisée par Diane Bertrand, à qui
l’on doit le sympathique Un samedi sur la terre et l’étrange
L'Annulaire,
cette comédie sans prétentions réussit sans détour à toucher le vif du
sujet et à tirer les zygomatiques de ses spectateurs. Entre vraie
tendresse et petites piques bien lancées, le film se balade entre deux
tons, à l’affût du moindre moment qui fera pétiller ce scénario somme
toute très convenable. Au sens le plus strict... Car si le point de
départ ne nous éclaire pas de sa singularité, Diane Bertrand parvient à
en tirer le maximum et plutôt que de partir d’une idée géniale pour
arriver à un résultat décevant, elle fait le pari de s’attaquer à une
histoire très simple pour mieux nous surprendre.

Ainsi, grâce à
une écriture franche et efficace, le film ne embarrasse pas de
multiples détours et se concentre au maximum sur ses personnages
principaux pour en cerner les failles mais aussi les forces.
Construisant le couple Viard-Accorsi sur le modèle du duo antinomique
mais complémentaire, la machine est lancée dès les premières minutes et
ne s'essouffle que très peu jusqu’à même reprendre une certaine vigueur
dans ses derniers instants où tout le dénouement, parfois périlleux, est
ici très bien amené. Les figures imposées sont bien présentes : du
couple follement amoureux, on passe à la grosse rupture qui fait pleurer
puis les non-dits, les situations farfelues ou les quiproquos... Mais
la force du film, puisée dans cette capacité des comédiens de
s’affranchir d’un jeu trop balisé, est de surprendre et même parfois
prendre à contrepied. Alors que nous pensions cette histoire de psy très
secondaire, elle va finalement prendre une importance considérable et
devenir la pierre angulaire du récit. Un virage maîtrisé grâce à
l’intervention de Valérie Benguigui (interprète du psy) qui, derrière
ses tocs, recèle en elle toutes les névroses et déséquilibres de ce
couple... Une excellente idée de prendre un personnage pour défouloir et
éviter de prendre à parti le spectateur. Pauvre Valérie Benguigui qui
cependant nous offre quelques franches rigolades...
Au final
Baby
Blues vous fait ressortir avec une vraie banane et une volonté
d’être une meilleure oreille dans votre couple (c’est déjà pas mal).
Intelligent, sans autant tomber dans la leçon de morale, léger comme une
fine coupe de champagne et assez rythmé pour ne jamais nous perdre en
cours de route, le dernier cru de Diane Bertrand nous satisfait à bien
des égards ". En ces temps de morosité ambiante, répétons-le, rien de
mieux qu’une comédie romantique pour vous redonner l’envie de mettre le
petit doigt dehors. C’est votre généraliste ciné qui vous fait
l’ordonnance...
BABY
BLUESUn film de Diane Bertrand
Avec Karin Viard, Stefano
Accorsi, Valérie Benguigui, Jean-Marc Barr
Durée : 1h35